À São Paulo, le Studio Arthur Casas signe l’appartement Sete où l’art, la lumière et la matière s’entrelacent dans une harmonie silencieuse. Imaginé pour un couple de collectionneurs, le projet s’articule autour d’un principe simple : abolir les frontières entre les espaces, faire de chaque pièce un prolongement naturel de la précédente. Tout un art de vivre fondé sur l’intégration.
Au cœur du quartier verdoyant de Vila Nova Conceição à São Paulo, le Studio Arthur Casas dévoile l’appartement Sete, 335 m², niché dans un immeuble également conçu par le Studio. Acteur majeur de la scène architecturale brésilienne et internationale, affectionnant particulièrement le modernisme brésilien, Arthur Casas nous subjugue une nouvelle fois avec cette réalisation d’exception… « Le plan a été soigneusement étudié pour conjuguer fonctionnalité et confort, en plaçant au cœur du décor la vaste collection d’art des propriétaires et de larges ouvertures sur la végétation environnante. La lumière naturelle s’y diffuse à travers une paroi en cobogó, filtrant délicatement le jour. Les clients souhaitaient une demeure propice aux retrouvailles familiales, combinant fluidité et polyvalence », explique le studio d’architecture. « L’un des principaux défis du projet, poursuit-il, fut l’intégration des systèmes d’automatisation, de climatisation et d’éclairage dans les espaces sociaux, où le plafond en béton brut ne permettait pas d’encastrement. La solution fut la création d’une gorge périphérique dissimulant grilles et luminaires, sans compromettre la pureté du dessin architectural. » Entre modernité et chaleur, une matérialité très forte définit le projet. Avec un émouvant dialogue entre le terrazzo Santa Margherita – du sol jusqu’aux détails du mobilier –, le béton du plafond et des piliers et le bois sur les murs ou au niveau des agencements.











Passé l’entrée et sa porte agrémentée d’une poignée vintage des années 50, la pièce de vie apparaît, majestueuse, avec ses espaces interconnectés sans rupture : cuisine ouverte, salon, salle à manger et home cinéma. Dans le salon, une console en terrazzo identique au sol accueille le dossier du canapé Fusca designé par Arthur Casas (Micasa), que l’on retrouve également dans la zone cinéma enveloppée de boiseries sur mesure. Les œuvres d’artistes comme Liuba Wolf, Artur Lescher, Renata Lucas s’associent à merveille avec les sublimes créations du studio brésilien – banc Shops, table d’appoint Bala Soft (Etel) – et avec d’autres pièces iconiques – JZ Tea Trolley de Jorge Zalszupin (Etel). Dans la salle à manger, la table Rino d’Arthur Casas (Etel) côtoie les fauteuils Senior Metal de Jorge Zalszupin, le buffet Onda d’Arthur Casas (Etel) et une œuvre d’Ana Maria Tavares. Avec ses façades dissimulant les appareils Gaggenau, la cuisine, quant à elle, se fait discrète, tout en abritant une surprenante table en métal en porte-à-faux. Avec maestria, les espaces privés prolongent la même ambiance en épousant, jusque dans la salle de bains, des codes semblables – béton, bois et terrazzo. L’atmosphère se veut cependant davantage intime et douce, particulièrement dans la master bedroom enveloppée de bois. L’attention portée à l’éclairage parfait l’ensemble… Élégance, pureté des lignes, cohérence… L’appartement Sete incarne une vision aboutie de l’art de vivre contemporain, où chaque détail compose un paysage intérieur d’une rare justesse.
Texte : Delphine Després
Photos : © Fran Parente
Article à découvrir dans le n°115.


